______________________________________Marie-Antoinette______________________________________________________________________________'____Réalisateur : Sofia Coppola_____________Genre : Drame_____________'_______'____Acteurs : Kirsten Dunst, Rose Byrne.'______________________________________'Synopsis : Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle.
Y a-t-il un prix à payer à chercher le bonheur que certains vous refusent ?
Sofia Coppola a réalisé un film magistral bien que très peu historique. Cependant, l'effet rose bonbon n'est qu'une surface. On se rend bien compte qu'il faut lire entre les lignes. Marie-Antoinette croit arriver dans un monde paradisiaque alors que Versailles n'est qu'un nid de vipères près à toutes les bassesses. On la critique quoiqu'elle fasse alors elle s'évade. Dans le plaisir. Bien que certaines scènes montrent une frivolité exacerbée, par exemple les scènes de shopping : on dirait une Carrie Bradshaw qui entrerait dans une boutique Chanel où tout lui serait gratuit. On comprend qu'elle dépense sans compter pour combler un manque et oublier ce dur monde.
On voit nettement que le couple Royal est distant. Ils sont entourés par tous les courtisans mais tellement désunis. Il faudra sept ans pour qu'ils consomment leur mariage (ce qui parait long dans le film) et la scène suivante montrant la Reine allongée dans l'herbe aux sons des cloches est très évocatrice. On la sent libérée d'un poids. Le couple se rapproche enfin et leur premier enfant vient au monde. C'est une fille mais peu importe aux yeux de Marie-Antoinette. Elle l'aimera et ce sera son meilleur « rôle ». Sofia Coppola nous montre la plus belle facette qu'aura cette femme. C'est la plus exploitée et la mieux travaillée.
L'arrivé de Fersen gâche tout. A mon avis, la vraie Marie-Antoinette n'aurait jamais couché avec lui bien qu'ils aient eu une relation très ambiguë. Leur scène de sexe est graphiquement très belle bien que sans grand intérêt. La scène suivante avec le croissant est bien plus amusante et plus intrigante. Elle montre toute l'ambiguïté de leur relation. Mais au final, il repart. Elle se retrouve seule. Encore. Et à nouveau face aux critiques mais cette fois, du peuple.
Les dernières minutes sont les plus magique. Toute la beauté du film ressort lorsqu'elle perd son fils. Kirsten Dunst n'a pas besoin de dire quoi que ce soit pour qu'on comprenne sa détresse. Pas de larmes. Juste des pas dans Versailles. Seule. La mère est de retour et personne ne peut imaginer son chagrin. La Révolution éclate. Marie-Antoinette perd ses amis, obligé de partir, mais convaincu que c'est la meilleure solution. La composition de Dustin O'Halloran sur cette scène met en évidence toute la tragédie de sa solitude. Et on ne peut s'empêcher de verser des larmes.
« La dernière scène. » Kirsten est majestueuse en tirant sa révérence au peuple, sans doute inventé mais tellement belle. On voit toute la force et la faiblesse dans le regard de Marie-Antoinette. Face à tous ça, il ne lui reste plus que sa famille. Son mari et ses enfants. Et là, le couple Royal, entouré au début, se retrouve désemparé, abandonné de tous et toutefois, plus uni que jamais pour protéger leur famille. Main dans la main.
Emmenée aux Tuileries, telle la louve décrite par les pamphlets de l'époque, Marie-Antoinette protège son fils et sa fille. Les derniers regards du couple sont pour eux clairement le voyage qui s'achève. Et devant la phrase que sa femme prononce « Je faisais mes adieux. » après avoir regarder les jardins du château, le couple Royal comprend qu'ils ont fait beaucoup trop d'erreurs. Elle, trop dépensière. Lui, trop indécis. Ils seront soudés jusqu'à la fin cependant, ils ne retrouveront plus leur cocon doré.
Conseils : Je dirais à tout le monde de voir le film. Sauf pour ceux qui veulent quelque chose de vraiment historique. Un bon documentaire ferait l'affaire. A lire le livre d'Antonia Fraser d'où le film est tiré. Il y a des détails bien croustillants.__